Publié le

35- Une intervention surnaturelle

La France me semblait être un rêve avorté à ce moment-là, même si le Seigneur m’avait clairement parlé lors de la cérémonie de remise de diplôme de l’école Logos de mon fils. Un soir de mai alors que j’étais au Texas, nous assistions à un événement dans l’Auditorium Civique, c’était une réunion animée par un grand nom du monde évangélique. Je ne me souviens plus exactement ce qu’il était en train de dire, mais mon coeur grand ouvert y a répondu en disant “Seigneur, J’irai. Je ferai tout ce que veux que je fasse. Envoie-moi.”
Mes yeux grands ouverts, se sont tournés vers le podium, et là devant moi se tenait Jésus. Son visage touchait presque le mien et Il a dit “Maggie, j’ai dit la France.”
A ces mots j’ai pris ma tête entre mes mains, me sentant honteuse et j’ai dit “Je ne suis tellement pas digne.” Au même moment Satan se tenait là devant moi qui avait toujours les yeux ouverts.
J’ai secoué la tête et j’ai aperçu Jésus de nouveau. Il a répété ”Maggie, j’ai dit la France.”
Une fois encore j’ai baissé la tête en disant “Je ne suis pas digne.” Et à nouveau j’ai vu Satan.
Je me suis immédiatement redressée, le Seigneur est apparu encore une fois et a répété “Maggie, j’ai dit la France.”
Cette fois-ci je n’ai pas baissé la tête, j’ai dit “Oui”. Et Jésus a disparu.
Le fait de mettre cette expérience d’un côté de la balance, et mon expérience en Californie et FLoride de l’autre, il était normal que le surnaturel l’emportait, et le fait d’aller en France devenait comme un rêve. Mais un jour alors que je me délassais dans le canapé de notre appartement, regardant la verdure luxuriante au travers de la fenêtre, louant Dieu, le chantant, l’aimant, Jésus a marché à travers le mur par la fenêtre. Il s’est assis sur le bras du canapé, touchant presque mes pieds. Je me suis demandée pourquoi il n’était pas passé par la fenêtre ouverte, mais j’imagine qu’il n’a plus à se soucier de ces contigences matérielles à présent. Il était habillé de blanc avec une corde nouée autour de sa taille. Ses pieds étaient nus, et de petites fleurs multiciolores étaient logées entre ses doigts de pieds.
Mon esprit bouillonnait; c’était une Altesse Royale qui venait me rendre visite, devais-je me lever et faire la révérence ou quelque chose du genre? Mais mon corps était mou comme une nouille trop cuite, et je ne pouvais pas bouger du tout. Sa présence me rendait physiquement impuissante. Ainsi, étant comme suspendue je buvais Ses paroles. Il me parlait de la façon dont Lui et moi danserions en faisant le tour du monde, apportant l’Evangile aux français et aux autres nations. Ensuite Il dit “Je vais éloigner Dan.” Et il a disparu.
Après que mes forces soient revenues, je ne me sente pas à ma place à l’idée de cette mission, et malgré le fait que j’avais à l’esprit l’épisode du Centre Civique, et ma mauvaise attitude à cette occasion; j’ai fini par dire “Qu’il soit fait selon Ta Parole.” Mais très franchement, j’ai dû réfléchir à ce que signifiait Sa Parole exactement parce que je ne comprenais toujours pas ce qu’Il avait voulu dire. ”Comment danserions-nous autours du monde? Je n’étais plus très jeune, et pas très coordonnée pour danser! Comment amènerions-nous l’Evangile? Comment allait-Il éloigner Dan? Les fleurs entre ses orteils me rappelaient cette chanson “où ont disparu les fleurs?” qui parle de la mort. Dan allait-il mourir?
Je me retrouvais honteuse à presque vouloir une telle chose. Quel soulagement si Dan pouvait simplement nous quitter et aller au ciel. Je savais que parfois Dieu avertit le départ prématuré de certaines personnes, comme Il m’avait prévenu de la mort de Lou et Isabelle. Etait-ce un avertissement? Et encore, comment être sûr que ce désir était en réalité un délire ou véritablement le désir sorti du Coeur de Dieu? J’étais trop gênée pour en parler à quiconque.
Les services auxquels j’ai assisté ensuite n’ont fait que rajouter à ma perplexité. Un évangéliste du Sud Afrique a commencé à tenir des réunions en Floride et un réveil est arrivé ! Je me rendais à ses rénuions dès que j’en avais l’occasion, même si cela signifiait que je devais rentrer au petit matin , en roulant avec l’envie de faire pipi. Il a tenu plusieurs réunions dans un auditorium de 10 000 places. La salle était pleine.
Une fois, nous avons entendu des anges chanter alors que nous louions. Une autre fois les pompiers sont internvenus sur l’appel d’un voisin qui disait avoir vu des flammes sortir par le toit. Il n’y avait aucun feu, mais la présence du Saint Esprit de Dieu s’est manifesté par des flammes sur toit du bâtiment. L’Evangéliste a prié pour tous ceux qui étaient présents à ces réunions, tous les 10 000 jusqu’au dernier. Presque tout le monde recevait quelque chose du Seigneur.
Bien évidemment, à chaque réunion j’allais à la prière, et à chaque fois j’ai ressenti la présence du Seigneur au travers d’un message. Cependant, souvent le Saint-Esprit me scotchait sur mon siège, je ne pouvais pas bouger avant d’avoir reçu le message. C’était toujours la même chose. “Je vais éloigner Dan.” Et je pleurais à chaque fois.
Une fois, j’ai répondu à un appel à l’autel à pour ceux dont il leur semblait que leur ministère tournait en rond, n’avançait pas. Et ça c’était moi. Le ministère à Dundee m’a rendu très heureuse. J’avais des gens merveilleux qui venaient à l’église. Nous en étions venus à un tel stade de croissance que nous louions les locaux d’une autre église, les pasteurs étant de nos bons amis.
J’étais acceptée, intégrée, respectée, je me sentais à la maison, aimée dans une communauté qui prospérait. Mais quelque chose n’allait pas.
En répondant à cet appel, je me suis souvenue de la nuit où Dan m’avait révélé son secret, et je me suis demandée si cela était également un moment divin, un instant de vérité. J’ai répondu à cet appel avec le sentiment profond que ma vie allait changer. En m’avançant avec au moins 200 autres personnes, nous nous sommes tous entassés sur le devant de la scène et l’évangéliste a prié une prière collective sur nous, sans nous imposer les mains individuellement. L’Esprit de Dieu est tombé sur moi et j’ai entendu un mot “Ecris!”
Je suis retournée m’affaler dans mon siège, honteuse d’un côté, mais dynamisée de l’autre.
Toute ma vie j’ai tenu un journal. A 12 ans j’avais envoyé un manuscrit au Reader’s Digest, et je me prenais pour une authentique auteure.
Mais quand il a été question de choisir mon orientation à l’Université, mes parents ont insisté pour que je prenne “Travaux domestiques”. Ils m’ont fait asseoir sur une chaise en face du canapé sur lequel eux-mêmes étaient assis. Mon père a dit “Maggie, il semble que tu hésites à choisir ta voie. Je voudrais que tu choisisses les “Travaux domestiques” comme ma tante. Elle a eu un certain succès à faire des recettes pour cette entreprise de farine. Ca pourrait marcher pour toi aussi, le moins que cela puisse te procurer, c’est une préparation pour être une bonne épouse.”
Il me semblait que mon père avait un raisonnement plutôt éclairé, après avoir mis de côté ses vilipendages sur mon intellect, mon manque de finesse et ma vacuité. J’en ai conclu que cela devait être une discussion très sérieuse. J’avais du mal à respirer. Donc j’ai relevé la tête et je suis retounée dans ma chaise. “Je ne veux pas aller en “travaux domestiques.”
Ma mère m’a demandé “que veux-tu faire alors?”
“Je veux étudier le journalisme.” voilà, je l’avais dit!
“Le journalisme!” m’a-t-elle répondu avec étonnement. “Tu veux être journaliste?”
“Oui, c’est mon rêve.” Ma prof d’anglais du lycée m’avait dit que j’avais un fort potentiel, même je n’avais jamais osé souffler cela à mes parents.
“Mais Maggie” dit-elle en se penchant en avant avec sollicitude, ”Tu n’es pas assez intelligente pour être journaliste.”
Une longue pause a suivi, avant que je parvienne à avaler son verdict. J’étais rédactrice en chef du livre de l’école, membre honoraire de la Société de poésie, je suivais des cours accelerés de littérature créative sur l’invitation de mes professeurs, mais quelque chose en moi s’était éteint. Je savais que mes années d’écriture étaient derrière moi.
Certains réagiraient bien face à un tel verdict. Avec une détermination renforcée, ils vous diraient “Ha vraiment? Et bien regarde-moi bien, je m’en vais.” Mais je n’ai pas fait cela. Une cloche funèbre a résonné dans mon âme.
Les larmes pleins les yeux, j’ai répondu: “Bien. Mais je ne serai pas une travailleuse domestique.”
“Alors que veux-tu faire d’autre?” m’a demandé mon père.
“Que croyez-vous que je sois capable de faire? “ ai-je demandé avec mépris. Mais cela leur est totalement passé par dessus la tête.
Ma mère a réfléchi. “Et bien tu nages bien, et tous ceux qui peuvent traverser le lac Calhoun peuvent devenir professeur d’éducation physique. C’est quelque chose que tu pourrais faire.”
Alors je suis retournée à la fac et me suis inscrite en Education Physique, et j’ai jeté mes manuscrits, jusqu’à ce que je naisse de nouveau. Immédiatement après ma nouvelle naissance, sur l’une des pages de mon journal de prière, j’ai écrit que le Seigneur avait dit “Je veux que tu écrives pour moi.” Presque 20 ans s’étaient écoulé depuis l’époque où je me prenais pour une auteure, alors je suis retournée à l’école pour parfaire ma technique, et là j’ai fait la rencontre d’une professeure chrétienne née de nouveau, de Littérature Créative.
Ma mère enseignait l’Histoire dans cette Université, et j’avais déjà rencontré cette professeure lors d’événements spéciaux. Elle était sortie de la classe un jour et m’avait dit “Maggie, je connais ta famille, et tu es au moins deux fois plus intelligente qu’eux. Tu es née pour écrire.”
Je suis devenue si confuse là, sur ce chemin que j’ai cru que j’allais m’évanouir. Comment pouvait-elle savoir ce que mes parents avaient dit? Elle m’a attrappé fermement par le bras et m’a dit, “Tu as tellement de choses à dire au monde. Maintenant dis-les.”
Elle avait une telle force de caractère que je n’ai rien pu répondre. Je me demandais juste en moi-même ce que je pouvais bien avoir à raconter.
Cette femme avait été nonne. Elle était tombée amoureuse d’un moine; ils avaient fui ensemble, et probablement avaient-ils quitté l’église Catholique. Ils ont eu un enfant, un brillant petit garçon qu’ils ont entouré d’amour. Quel dommage que ses talents ne soient pas au bénéfice d’une église. Mais nous allions à l’église ce jour où elle m’a délivré ce message de Dieu. Les murs et le box ne le contiennent pas.
Lorsque j’étais en France, j’ai écrit des articles pour un magazine chrétien, traduits par l’éditeur, qui ont réçu un bon accueil, et bienque cela leur demandait advantage de travail, ils en demandaient toujours plus. J’ai également écrit deux livres d’enseignement. Ceux-là ont été traduits en français et je les ai publié moi-même. Tous sont épuisés. Beaucoup de gens m’ont dit à quel point ces livres leur ont été réellement bénéfiques.
Mais depuis ce temps en France, je n’ai plus publié beaucoup et me sens honteuse de cela. Après que je sois retournée à mon siège et que le Seigneur m’aie dit “Ecris”, une idée m’était venue. Pourquoi ne pas écrire des histoires courtes à partir de versets, de témoignages, ou écrire un genre de “témoignage occulaire” d’une scène biblique de l’époque, les enregistrer et les passer à la radio. Je suis rentrée à la maison et me suis immédiatament mise à travailler.
Une petite station près de Federal en Floride a tout de suite accepté. Nous avons conclu d’un contrat dans le quel je pouvais donner un préavis de deux semaines si je voulais arrêter. Bienque le prix pour une diffusion radio n’était pas exorbitant, j’étais résolue à payer pour le temps passé hors le ministère. Je pensais que les auditeurs enverraient assez d’argent pour couvrir la diffusion. La naïveté est une noix qu’il faut casser. J’ai appris par la suite qu’il faut en moyenne 18 mois avant qu’un programme ne devienne rentable. Alors quand mon petit compte en banque s’est vidé, j’ai appelé la station pour leur donner ma démission. Ils m’ont rappelé le jour suivant, après avoir consulté tous les décisionaires de la station, et m’ont dit que je pouvais continuer à diffuser mon programme gratuitement aussi longtemps que je le souhaitais. Ils ont dit que le programme touchait les perdus, les gens qui ne connaissaient pas l’Evangile, et ils voulaient que mes histoires continuent à être diffusées.
Le Seigneur m’avait dit de prendre mes histoires comme d’un outil pour le ministère. Il m’avait indiqué trois pasteurs à appeler pour leur proposer de leur raconter une histoire. J’agonisais devant l’ampleur de la tâche, pensant que personne ne voudrait m’écouter, mais dans l’obéissence, j’ai passé ces coups de fil, persuadée qu’ils ne m’autoriseraient jamais à faire cela. A mon plus grand étonnement, tous les trois ont dit oui. A chacun j’ai fait une lecture très dramatique d’un témoignage occulaire d’une scène biblique autours de Jésus, et à chaque fois une onction incroyable m’est tombée dessus.
A la première de ces lectures, le Seigneur m’a parlé en plein dedans. C’était la première fois que je voyais mon esprit agir séparemment, bienque simultanément avec mon âme. J’ai eu une discussion avec le Seigneur! Nous avons discuté en quelque sorte, alors même que j’étais en train de déclamer mon texte! Il m’a dit entre autres choses “Sort du conseil d’administration avant la fin de l’année!” Il l’avait dit de façon très appuyée, et j’ai obéi.
Davantages d’opportunités se sont ouvertes, et j’ai été conviée à faire une lecture à Santa Barbara en Californie. Mon hôtesse faisait un petit programme sur une radio locale, une fois par semaine, et parce que sa voiture était hors de service, elle m’a demandé de l’amener à la radio. Je me suis donc rendue à la radio avec elle et le manager, pour écouter leur programme. Ils m’ont installée dans un coin du studio et je me tenais très sagement en observant comment fonctionnait le direct. En observant le matériel, j’ai eu un movement de recul quand ils ont mis un micro suspendu devant moi, et j’ai demandé “A quoi ça set?”
D’un air supris le manager de la station m’a répondu, “Vous êtes l’invitée de notre programme de ce matin!”
L’inconfort que représentait cette situation pour moi devait se lire sur mon visage puisqu’elle m’a demandé “N’avez-vous jamais fait de la radio en direct auparavant?”
J’ai simplement répondu “non”, trop choquée pour pouvoir prostester.
Elle m’a dit “Vous allez adorer, nous y sommes dans 30 secondes.”
Paniquée je demande à mon hotesse “Qu’est-ce que je dois faire?”
Elle m’a murmuré “racontez vos histoires.”
Et juste après ça, nous voilà sur les ondes! Ils m’ont posé quelques questions, et ensuite m’ont confié le programme! Donc dans l’heure qui a suivi, j’ai pu lire trois histoires, après chacune d’elle j’ai pu faire un appel au salut, et elle avait raison. J’ai adoré ça! Quand le programme s’est terminé, le manager de la radio m’a dit “Nous avons vraiment aimé ça. Pourrions-nous en diffuser chaque semaine? Ensuite elle a prononcé ces mots clés pour moi “Nous les diffuserons gratuitement.”
J’étais tellement boulversée que je n’ai pas pu répondre un mot. Elle m’a demandé “Vous ne savez pas qui nous sommes n’est-ce pas?”
J’ai rassemblé mes esprits et ai répondu, “Non, Tout ce que je sais c’est que vous avez un équipement flambant neuf, pour un bien petit local.”
Elle sourit. ”Notre station mère est en Australie. Nous leur transmettons nos programmes, et eux les retransmettent sur tout le pacifique. En réalité notre audience couvre les deux tiers du globe.”
Je suis retournée à Dundee, et ai fusionné mon église avec une église soeur menée par un ami de l’école Logos. Il était devenu clair pour moi que le Seigneur m’avait reservé un avenir dans les médias chrétiens. L’édition et la radio à ce stade. Qui pouvait bien savoir ce que le Seigneur avait prévu au delà de cela? Seulement Lui. Malheureusement, Satan est venu mettre du sable dans l’engrenage du Seigneur, et s’est immiscé dans ce beau plan avant que tout ne soit scellé.

Publié le

34- Mes enfants ont découvert

Dan et moi sommes allés rendre visite à notre fille Drew lorsqu’elle a mis au monde son troisième enfant. Nous sommes restés plusieurs semaines afin de nous occuper de la maison, prendre soin des enfants, et je me suis même offert une séance de cinéma sur la base militaire. Le film dépeignait la vengeance d’une femme abusée.
Drew a fait quelques commentaires sur la route du retour qui m’ont contrariée, et j’étais résolue à lui en parler le lendemain. Quand je me suis réveillée le lendemain, j’ai demandé au Seigneur quelle sorte de journée Il avait préparé. Il m’a dit que ce serait une journée de vérité. Je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait bien vouloir dire.
Plus tard dans la journée j’ai pris Drew à part dans la chambre de Bridget pour revenir sur ses remarques de la veille. Une chose en amenant une autre j’ai fini par lui demander « Drew, est-ce que tu détestes les hommes ? »
Je ne sais pas pourquoi elle m’a aussitôt retournée la question. « Est-ce que tu me demandes cela parce que papa déteste les femmes ? Tu crois que je suis lesbienne n’est-ce pas ? » Subitement j’ai vu comme un flash sur son visage, un sursaut de perspicacité. « Est-ce que papa est gay ? » Je ne lui ai pas répondu. Haletante, « Il l’est n’est-ce pas ! Ho mon Dieu, mon Dieu aide-moi. » Elle serra son ventre et alla à la fenêtre prendre l’air. « Mon père est homosexuel, c’est ça maman ? »
J’étais sans voix, les mots ne sortaient pas. Je n’avais pas imaginé que ce jour arriverait. Je m’étais juré que jamais, jamais mes enfants ne le sauraient. Je ne savais pas quoi dire parce que je ne pouvais pas mentir. En essayant de rester calme, j’ai dit décontractée « Drew, je ne dévoilerai pas la vie intime de ton père. Il va falloir que tu lui demandes. »
« Non maman, ne fais pas ça, dis-moi juste la vérité. Est-ce qu’il l’est ? »
J’étais stupéfaite et je ne savais toujours pas quoi dire
«Il l’est » finit-elle pas asséner.
Je répondis un peu sur la défensive «Va lui demander, va découvrir toi-même. »
Elle s’approcha de moi de quelques centimètres, nez à nez, et me dit « C’est à toi que je le demande ».
Des larmes commencèrent à couler de mes yeux, des courants glacés et brulants traversèrent mon corps, «Je …je ne veux pas avoir cette conversation. » ai-je bégayé. « C’est lui le responsable, s’il te plait Drew, va lui parler ». J’avais le sentiment que si je ne sortais pas de cette pièce, j’allais suffoquer. Je ne pouvais pas faire face à cette discussion. Et je ne voyais pas comment je pouvais aider ma fille à y faire face. J’ai fini par quitter la pièce, horrifiée d’avoir à laisser ma fille tourmentée, seule face à cette nouvelle. Avais-je jamais fui ?
Je suis sortie et j’ai joué avec les enfants, j’ai pu déjeuner, mais dans l’après-midi Drew a voulu que nous fassions une promenade au calme dans la campagne. Seules les vaches pourraient entendre notre conversation. Elle a pris mon bras avec douceur et tendresse, et a dit « J’ai parlé à papa. Il a répondu oui, il est homosexuel. »
Nous avons marché un peu en silence. Drew dit doucement, «Je veux te demander pardon maman, pour toutes ces années où je me suis moquée de toi et papa, de ta cuisine, de tes vêtements, et de tout le reste. Je n’imagine pas tout l’amour que tu as du déverser sur JJ et moi pour couvrir tout le reste et pour que nous ayons un foyer équilibré. Je veux dire, nous ne sommes pas du tout équilibrés, mais au moins nous avons un père à la maison. Je te suis vraiment reconnaissante. C’est plus d’amour que je ne saurais en recevoir. »
Ma gorge était serrée, sans que je ne puisse répondre, j’ai enroulé son bras autour du mien et nous avons poursuivi notre promenade jusqu’à la rivière. La gratitude de ma fille a représenté plus pour moi que toutes ces années de mensonges destructeurs. Elle avait compris, elle avait apprécié tout ce que j’avais fait.
Nous nous sommes tenues sur le pont à regarder l’eau qui coulait dessous, accoudées l’une contre l’autre. Nous sommes restées là un long moment. Cela semblait comme purificateur de voir cette eau emporter les débris. Drew a rompu le silence. « S’il te plait ne le dis pas à mon mari. »
Un poids est tombé sur mon cœur. Que s’était-il passé ? Est-ce que ma file partageait elle aussi le poids de ce secret ? Est-ce qu’il allait reposer sur une autre paire d’épaules également ? Je ne voulais du tout qu’elle en porte le fardeau ! J’étais d’accord sur le fait que son mari n’était pas quelqu’un à mettre dans la confidence, mais cela m’interrogeait qu’elle veuille le cacher au reste du monde. Quand vint l’heure de nous quitter, mon cœur se déchira de la savoir avec trois précieux, mais épuisants bébés, un mari bougon et désagréable, et maintenant le secret du péché de son père sur ses épaules.
Plus tard au cours de l’été, David est revenu d’Europe où il avait séjourné pour travailler dans le droit, afin de profiter des plages de Sarasota, et faire du volley-ball. Il pensait être là pour le plaisir; moi je savais qu’il était là pour une transplantation cardiaque. J’ai dit à Dan que si Drew était au courant, alors il devait également le dire à David. Une après midi, alors que j’entrais dans le salon, j’ai vu leur regard et j’ai compris qu’ils venaient d’avoir une discussion à ce sujet.
J’ai attendu que John en sorte avant de demander, «est-ce que ton père avait quelque chose à te dire à propos de lui?»
David répondit «Ouais.»
Je lui ai demandé comment il se sentait par rapport à cela.
«J’aurais préféré ne rien savoir, mais je suis content qu’il me l’ait dit. Ca explique beaucoup de choses.»
«Quelles choses? » ai-je demandé d’une voix basse. L’atmosphère était lourde de la déception de David.
“Comme pourquoi il n’y avait jamais de romance entre vous deux. Un enfant aime voir ses parents amoureux, et je n’avais jamais compris pourquoi pas vous. Maintenant je sais. »
J’ai acquiescé. Quand il était adolescent David avait essayé d’allumer une flamme entre Dan et moi, mais sans succès. La tendresse, la romance, l’intimité ne pourraient jamais être ravivées pour le bien des enfants. Ni pour le mien.

“Je ne voulais pas que tu le découvres David, mais Drew a trouvé la vérité, et ce n’était pas juste qu’elle le sache et pas toi. Vous deux pouvez vous épauler et vous soutenir mutuellement. Elle ne peut pas porter cela toute seule, ou juste avec moi. Je suis désolée, mais ça devait se produire. »
David a croisé ses mains ensemble et à reposer son menton sur ses pouces. Après un long silence, il a dit « Merci maman. Je suis vraiment content de ne pas avoir su ça quand j’étais ado, vraiment content. »
Drew et lui ont passé de longues heures au téléphone ce soir là, et encore pendant les vacances. Nous avons fait de longues promenades sur la plage tous les deux, à discuter, analyser, et à un moment, il m’a demandé «Pourquoi ne pas faire un point sur tout ça, accepter les circonstances et avancer dans ta vie ? »
« Tu veux dire que je le quitte, David ? »
“Ouais.”
Cela m’a surprise. Je croyais que les enfants voulaient par dessus tout que leur parents restent ensemble. Je lui ai dit ce qui me paraissait être la vérité à ce moment. «Je ne me sens pas libre de faire cela. Ce que j’ai traversé m’aide à comprendre ces passages des Ecritures qui évoquent ces femmes qui se tiennent près de leur mari afin de les conduire au Seigneur par leur conduite. Je ne crois pas que ton père serait né de nouveau, ou aurait fait une école biblique, si je n’étais pas restée à ses côtés. Rien au monde n’est plus important que Dieu et Sa Parole. Je partirais quand je sentirais que le Seigneur m’y invite. Mais je caresse toujours l’espoir qu’en restant près de ton père, il parviendra en fin de compte à mettre l’homosexualité de côté. »
Quand David repartit pour l’Europe, je l’ai appelé tous les jours pendant trois mois. Je savais qu’il se poserait des questions sur sa propre masculinité, et je voulais être là pour lui garantir qu’il n’y avait rien de génétique, ou d’héréditaire, mais plutôt un comportement acquis, en réalité le fruit de la volonté.
Il a eu des moments difficiles pendant ces trois mois, mais il est parvenu à une merveilleuse conclusion. Si cela était génétique, alors la race humaine serait en extinction. Tout d’abord, il ne voulait que personne soit au courant, comme sa sœur Drew. Mais après avoir déclaré cela, il se rendit compte que cette condition ne le remettait pas en cause lui, alors il finit par se moquer de qui était au courant. C’était devenu le problème de papa, pas le sien, et il a reconnu que garder cela secret n’était pas sain.
Il a aussi reconnu combien il avait eu tord de ne pas croire dans l’histoire de Drew à propos de Phil. Il a reconnu que des péchés sexuels engendrent d’autres péchés sexuels, et que cela a ouvert la porte à Phil pour s’y engouffrer. Il y a eu de grandes réconciliations entre mes enfants, et cela m’a béni, même dans mes moments d’apitoiement, quand je me plains intérieurement « pourquoi ne pouvions-nous pas voir une famille normale? »
David a aussi réalisé pourquoi il avait choisi un homosexuel comme meilleur ami pendant ses études bibliques à Rhéma. C’était juste une question de confort. La présence de papa représentait le confort pour lui, et son ami avait cela de rassurant, remplaçant en quelque sorte la présence de son père. Il a eu cependant une confrontation avec son ami, par email, au cours de laquelle son copain s’est défendu et a rétorque que Dieu l’avait fait comme cela. Cela a mal tourné et David a pris ses distances. Il savait d’expérience qu’un homme fait son propre chemin, et Dieu le laisserait suivre le chemin qu’il aura choisi.
Aujourd’hui David a aiguisé son discernement. Je lui ai récemment demandé s’il y avait des homosexuels dans son groupe d’amis proches. Il m’a dit « Maman, j’ai appris qu’on ne sait jamais vraiment. » En ce qui concerne Drew, c’est une autre histoire. Elle veut toujours que personne ne sache, et elle n’aime pas en parler, mais elle apprendra aussi à lâcher.
Maintenant que mes enfants savaient, j’en ai eu vraiment assez du sujet ! Je voulais revenir aux affaires de mon Père au lieu de m’enliser dans la boue des marécages humains. Si j’avais pu faire sauter tout cela loin de moi, je l’aurais fait.
Ne pouvait-il pas y faire un changement profond ? Je ne savais pas quoi faire d’autre que de crier « Père, aide-moi ! »

Publié le

33-Vaincre de S.I.D.A.

Un certain évangéliste est parvenu à convaincre des restaurateurs locaux d’inviter des pasteurs à prendre le petit déjeuner une fois par mois, chaque fois dans un restaurant différent. Bien évidemment, ils devaient être assez grands pour recevoir plus de 100 personnes, mais il a trouvé de quoi mettre cela en place. Lors de l’un de ces petits déjeuners, je me suis trouvée assise à côté d’un homme que je rencontrai pour la première fois. Il avait un carnet ouvert à une page où les lettres SIDA étaient écrites. Je me suis penchée vers lui et lui ai dit que je connaissais les français, et que s’il avait besoin de parler à un français, je serais ravie de l’aider.
Il m’a répondu tout bas que SIDA était espagnol et qu’il ne parlait ni espagnol, ni français. Nous avons ri, mais il a tout de même pris mon numéro de téléphone. Cela a été ma première opportunité de parler français à quelqu’un, et je me demande si c’est pour cette raison que j’ai été poussée à suivre des cours intensifs de français avant de rentrer aux Etats-Unis.
J’ai aussi appris de ce pasteur qu’il était à la tête d’un organisme d’aide aux victimes du SIDA situé en ville, et que non seulement il était gay lui-même, mais qu’il était également atteint du SIDA. La seule rencontre que j’avais eu avec une personne atteinte du SIDA jusqu’à lors avait été avec une jeune femme en France qui s’était approchée lors d’un appel à la prière. Elle m’a envoyé un message quelques mois après cela, me disant qu’elle était complètement guérie et que les médecins ne croyaient pas à la guérison par la prière, à tel point qu’ils avaient désavoué le premier diagnostic.
J’ai quitté ce petit déjeuner, assurant à ce pasteur que je l’aiderais de toutes les manières qu’il me serait possible. Quelques semaines plus tard il m’appela, me demandant de piloter un groupe de parole chrétien, d’hommes porteurs du VIH ou bien ayant un SIDA déclaré. Je lui ai dit que je prierai à ce sujet et j’ai raccroché. Plus tard dans la journée, je me suis mise à prier. Avant même que j’aie pu prononcer le mot « Seigneur… » Il a pris ma main et m’a conduit à taper le numéro de ce Directeur. C’était la première fois que le Saint Esprit bougeait mon corps de cette façon. ! Et j’ai dit oui.
La semaine suivante je suis allée à l’église avec trépidation, étant parfaitement consciente que je n’étais pas préparée à ce qui se tenait devant moi. Tout le monde était déjà présent, en train de m’attendre et tentant d’évaluer si j’étais à la hauteur pour animer leur groupe. Un grand gars dégingandé a souri à travers sa moustache et m’a tendu la main. « Salut. Je suis Sandy ». J’ai serré sa main en me demandant si je n’avais aucune écorchure de peau à travers laquelle je pourrais attraper le SIDA.
Un homme rondouillard, habillé de vêtements chiffonnés m’a tendu la main tout en restant dans son siège, avançant sa bouteille à oxygène comme une explication au fait qu’il ne se levait pas. Il avait des tubes scotchés sur la joue. «Moi c’est Greg.» Dit-il dans une respiration sifflante.
Le troisième homme ne s’est pas levé ni tendu la main. Il se tenait assis comme un garde du corps, posait comme sur un piédestal. Son débardeur et son short lassaient apparaitre une peau bronzée, des jambes et bras rasés, et des poils denses et blonds sur la poitrine. « Je m’appelle Chris. J’ai le SIDA depuis plus longtemps que n’importe qui ici. »
“Vous êtes sans aucun doute l’image même de la santé, » dis-je.
« Ouais, mes cellules T sont tombées à 2 ; mais j’ai changé mon régime et j’ai commencé un nouveau traitement qui vient de sortir, mais ils recommencent à chuter encore. On ne peut pas changer la destination finale où nous conduit cette maladie, on peut juste en prolonger les conséquences. »
Greg intervint dans une voix sifflante, « Etes-vous au courant de tout cela, Marty ? »
« Non, pas vraiment », admis-je
Alors comment pensez-vous pouvoir nous aider ? Quiconque est impliqué dans l’aide contre le SIDA doit tout connaître à ce sujet, marmonna-t-il.
« Je crois que ce que je sais, peut davantage vous aider que le dernier traitement » dis-je avec assurance. « Et maintenant, qui reste-t-il ? », en me tournant vers un couple âgé, et une toute jeune femme.
« Je m’appelle Cass, » dit la jeune femme. « Je n’ai pas le SIDA, mais mon copain vient d’en mourir ». Je n’étais pas sûre si elle se vantait ou si elle était encore en colère à ce sujet.
« Et nous sommes Jane et Bill, » dit l’homme plus âgé, « Nous sommes les représentants de l’église qui avons réservé cet espace. Il se trouve que notre fils est gay et que son compagnon atteint du SIDA est mourant. »
Il y en avait trois autres qui refusèrent de me donner leur nom. Ils étaient tranquillement assis près de la fenêtre comme s’ils étaient prêts à sauter à tout moment. Au fur et à mesure du temps, ils sont devenus une partie intégrante du groupe. Une grande et belle famille.
Après toutes ces belles présentations, nous nous sommes assis dans de confortables sièges en petit cercle. « Je m’appelle Marty, comme vous le savez. Je suis ici pour vous encourager. C’est comme cela que je souhaite que vous me voyiez, et je demanderais à Bill et Jane d’être nos facilitateurs. » Ils acquiescèrent. «Je veux vous dire tout de suite quel est mon objectif. C’est de vous apprendre à vous tenir fermement sur la Parole de Dieu de ce que vous ne mourrez pas de cette maladie, mais je vous vivrez, et vous vivrez pour proclamer la gloire de Dieu. »
Ils me regardèrent tous avec étonnement. Même Chris décroisa ses bras et se pencha en avant, ses coudes sur ses genoux. Je leur donnai un message fort ce jour là qu’ils burent comme un chien après une longue course.
Au cours de la semaine suivante, je reçus un coup de fil de Sandy. Il semblait terrifié.
« Marty ! Nous sommes tous à l’hôpital. Je suis désolé de te le dire, mais Greg est mort. Nous nous sommes retrouvés pour une pizza, et en plein milieu du repas, Greg s’est effondré. L’ambulance est venue, nous l’avons accompagné jusqu’aux urgences et le médecin a simplement prononcé son décès. » Un sanglot sortit de la gorge de Sandy.
« Non ! Criai-je.” Dans le nom de Jésus, il va vivre et non mourir. Sandy, es-tu toujours avec lui ? »
« Oui, nous sommes tous autour du guéridon et le médecin vint de quitter la pièce. »
J’ai crié « Les gars, citez les écritures sur lui comme je vous ai appris samedi dernier. J’arrive tout de suite. »
« O.K. » Sandy semblait se ragaillardir. “ J’ai mes notes avec moi. Nous allons le faire. »
Le temps que j’arrive, Greg était assis sur son lit, à siroter un soda. Le samedi suivant, Greg était là à notre réunion avec sa bouteille d’oxygène.
Après cela le groupe semblait particulièrement motivé d’en apprendre davantage sur la Parole de Dieu. Mais la semaine suivante, cela se produisit à nouveau. Seul Sandy était avec Greg à ce moment, et il m’a immédiatement appelé. Nous avons prié en accord au téléphone que Greg vivrait et ne mourrait pas. Je me suis précipitée aux urgences, tout comme les autres membres du groupe que Sandy avait appelé, et là encore Greg est revenu des morts.
Cette fois-ci Greg a pris lui-même autorité dans le Seigneur, et quand il est venu le samedi, il est arrivé sans sa bouteille d’oxygène. Greg n’a pas eu d’autre crise. A chaque session je les orientais vers la guérison et la foi dans la Parole de Dieu. Cela fonctionnait.
Nous parcourions avec délices les chemins du succès pendant six mois, et nous avons été surpris quand le Seigneur a soudainement changé de direction. Il était temps de parler de l’homosexualité. Je savais dans l’esprit que c’était dans cette direction que nous devions aller maintenant, et je l’appréhendais comme pour escalader le flan de montagnes russes, reprenant mon souffle à chaque fois que nous franchissions un sommet.
J’appris tellement à propos de mon mari, alors que j’explorai la vie de ces précieux hommes. Sandy, un musicien et dramaturge de talent, a été violé alors qu’il n’était qu’un adolescent tout juste pubère. Chris, le fils d’un militaire a appris par un membre du régiment de son père la masturbation réciproque. Greg a eu une mère pentecôtiste abusive qui demandait à son père de le battre tous les soirs dans le bois, après le travail.

Aucun d’eux n’eut de membre de leur famille qui les maltraiter comme John. Il était venu à une réunion, mais n’a pas souhaité revenir, disant qu’il ne pouvait pas supporter la honte. Mais je me disais que peut-être après cela j’en saurais davantage sur les problématiques homosexuelles, et que Dan et moi nous pourrions travailler ensemble, pour en venir à bout.
Cela me frustrait de voir que ces hommes ne prenaient pas leur part de responsabilité dans leur homosexualité. Ils ne faisaient que blâmer les ceux qui les avaient conduit là. Je ne voulais pas en arriver à dire à ces hommes qu’ils étaient responsables de leur propres choix, et qu’ils avaient choisi ce comportement. Je voulais qu’ils ne découvrent par eux-mêmes. Je voulais soulever des questions qui révèleraient leur processus interne de prise de décision, mais nous n’avons jamais atteint ce stade de découverte de soi. Le mur de résistance resta intact. Toutefois, je compris où Dan s’était arrêté dans sa lutte contre sa condition. S’il ne voulait pas faire face à ce qui l’avait conduit à l’homosexualité, comment pourrait-il aller au-delà dans la découverte de son système de prise de décision ? S’il ne voulait pas admettre qu’il avait été molesté, comment pouvait-il faire face à cette souffrance ? »
A cours de l’une de nos séances, Sandy confia que le Seigneur lui avait dit de commencer à dire « Je suis un hétérosexuel. »
Je demandai « Qu’as-tu fait ? »
« Je me suis mis devant le miroir de ma salle de bain et j’ai dit : Je suis un hétérosexuel. »
« Comment t’es-tu senti ? »
« J’étais écœuré. »
Je fis un tour du groupe du regard, et aucun d’eux ne voulut me regarder dans les yeux, mais tous s’enfonçaient inconfortablement dans leur siège. « Est-ce que cela écœure quelqu’un d’autre d’entendre Sandy dire cela ? »
Personne ne voulut répondre. La semaine suivante ils ont tous appelé les facilitateurs pour dire qu’ils étaient fatigués du groupe. Ce fut notre dernière séance.
Tout comme avec mon propre mari, j’ai pris un mur de brique. Je ne leur ai jamais parlé de Dan. Peut-être le savaient-ils. Des personnes animées d’un même esprit peuvent se reconnaître au sein d’une foule.
Certains hommes ont tenté de se rapprocher de Dan, devant moi. Ils croient qu’on ne les voit pas. Mais si toutefois le groupe savait à propos de Dan et moi, ils ne m’en ont pas parlé.
Tout du long j’ai « encouragé » le groupe, en même temps que John consultait régulièrement un médecin pour des douleurs de poitrine. Sa tension artérielle est montée en flèche, et nous devions la surveiller tous les jours à une caserne de pompiers. Un soir alors que j’étais couchée et que Dan lisait un livre, il m’a annoncé tranquillement :
« Nous n’allons plus faire l’amour »
« Pourquoi ?”, demandai-je.
« A cause de ma pression artérielle.»
« Tu veux dire que nous ne ferons plus jamais l’amour ? A vie ? »
« J’en ai bien peur. »
Il retourna ensuite à son livre. Je le fixai pendant un long moment, et quand je réalisai qu’il n’allait pas faire l’effort de s’apercevoir que j’étais là, encore moins de me donner plus d’explication, je me retournai et pleurai.
Ce n’était pas tellement que nous avions une vie sexuelle si extraordinaire, mais j’aimais ce que nous avions. Il l’a jeté comme on jette un vieux papier journal. En tout état de cause il avait raison : nous n’avons plus jamais fait l’amour ensemble.

Publié le

32-DREW VA SE MARIER

Une de mes amies a regardé Jo un jour et lui dit, « tu serais parfaite pour mon fils. » Je vais lui demander de t’écrire. » Et il l’a fait. Il est rentré au pays après une mission en orient au sein des Marines, a rencontré Jo un jour de Saint Valentin, et peu après ils ont décidé de se marier.
Entre le mariage et la psychothérapie lourde de John, j’ai abandonné tout effort dans le ministère ou pour gagner de l’argent. Cela semblait plus prudent car toutes les portes que j’avais ouvertes m’avaient claqué à la figure. A la place j’ai choisi d’écrire, sur l’ordinateur de JJ, car il avait eu besoin d’un modèle plus récent pour ses études de droit.
Drew a choisi un thème « Cowboy » pour la réception du mariage, cela plaisait beaucoup au marié. Il portait un chapeau de cowboy noir et des bottes noires ; elle portait des bottes de cowboy blanches sous une étonnante robe blanche. La seule chose qu’on puisse dire c’est que c’était un mariage et une réception gais. Tout a commencé à mal tourné à partir de ce jour. Il s’est avéré que le marié haïssait les femmes, bien que n’étant pas homosexuel. Il s’est posé en parfait ennemi de Drew et méprisait quoiqu’elle ait pu faire.
Pendant la réception, Dan s’était caché dans la cuisine. Quand le DJ a appelé les parents sur la piste de dance, un long moment s’est écoulé avant que les gens ne me repèrent en train de chercher Dan. David s’est tenu à mes cotés en attendant que John ne sorte de la cuisine. Au-delà de l’embarras de ce moment, j’en avais assez de cette relation bancale et distante.
Après le mariage le thérapeute, qui était présent au mariage et témoin de la scène de la piste de dance, m’a appelé à nouveau. « Marty, je crois que Dan a été mentalement déséquilibré toute sa vie et que tu as pris personnellement des choses qui n’étaient pas nécessairement dirigées contre toi. »
“Etes-vous en train de me dire que quand je suis personnellement attaquée, je ne dois pas le prendre personnellement?” demandai-je, sceptique.
En gloussant il me répond, « Je sais que ne n’est pas facile. Votre mari n’a aucun talent pour communiquer. Je ne crois pas qu’il cherche délibérément à vous blesser, et pour votre propre santé vous devez cesser de tout prendre personnellement. »
« Pourquoi est-il comme ça ? »
« Je crois qu’il y a des choses dont il ne se souviennent même pas, des choses qui sont trop douloureuses pour être amener à la conscience. Vous allez devoir vous accommoder à vivre avec lui de cette façon, parce que je ne crois pas que les choses s’amélioreront. »
« Et au sujet de l’homosexualité ? »
« Je n’ai jamais été en mesure d’aider quiconque est comme cela. »
« Mais alors, que fait-on ? »
« Je suis désolée, j’ai fait tout ce que je pouvais. »
C’est ainsi que la thérapie a pris fin. Je suis ressortie et ai regardé les arbres et l’herbe comme s’ils étaient artificiels. Peut-être vivais-je à Disneyland où tout à l’air parfait, mais vous ne pouvez pas y vivre. J’ai du aller au bout de cette information pour avancer et ne pas juste tout laisser tomber. L’attitude que j’ai eue à ce moment là est comme si j’avais donné naissance à un mongolien, j’aurais adoré cet enfant pour le reste de ma vie. Je ne le laisserais pas tomber ni ne m’en éloignerais, mais je l’intégrerais dans ma vie. Ainsi j’imaginais pouvoir vivre avec Dan, en ayant conscience qu’il ne serait jamais le mari idéal. D’une certaine manière cette décision m’a libéré dans le choix de reprendre le ministère.
Premièrement j’ai dit à Dan, « Nous retournons en France. »
Il dit « Non, surement pas. »
J’ai répondu « Le Seigneur m’appelle en France. »
« Je suis mieux ici. »
« Et bien moi aussi, mais il ne s’agit de notre confort là. » ai-je dit.
dan me dit alors « Quand le Seigneur nous donnera des fonds, nous pourrons repartir en France, mais pas avant. »
« Ce n’est pas de cette façon que Dieu agit. C’est au moment où tu pars qu’Il te donnes ce dont tu as besoin.”
« Nous n’allons nul part. »
J’ai appelé notre directeur, Jim et sa femme Kathy. Elle et moi avions été amies pendant des années, elle était donc au bout du fil. J’ai demandé « Pouvez-vous me donnez du travail dans le ministère ? Quelque chose sur la côte est peut-être ? De cette façon je pourrais faire de courts voyages missionnaires sans que cela ne coûte trop cher.
J’ai posé cette question sans vraiment savoir pourquoi. Je n’avais encore jamais vraiment pensé vivre sur la côte est. Et quelle serait l’économie réelle faite sur un billet d’avion en Europe sérieusement ? Au mieux 100 $ ? Je me suis sentie complètement idiote, mais Kathy a immédiatement embrayé.
“Il se trouve que quelqu’un a déposé un mot dans une offrande, demandant de commencer une église à Sarasota en Floride. John et toi seriez parfaits pour cela. » Je n’ai pas fait part à mon amie des problèmes auxquels notre couple faisait face, tout en me demandant si cela était tout à fait honnête. J’agis comme si tout le monde s’attendait à me voir moi, une femme, comme un Pasteur. Kathy a recontacté la personne pour arranger un rendez-vous.
Dan et moi avons traversé le pays et avons rendu visite à des amis et des églises en chemin, jusqu’à ce que nous arrivions à Sarasota en Floride. Dan m’avais bien dit qu’il n’était pas sûr de venir même à l’église et a pris le soin de me rappeler que tout cela était mon initiative. Cela me convenait parfaitement. Je n’étais pas sûre de vouloir le voir à l’église non plus.
Nous avons visité des endroits qui présentaient un intérêt dans le futur exercice du pastorat. Quand j’ai demandé au Seigneur ce qu’Il pensait d’Albany, New-York, j’ai eu une vision de moi en train de ramper sur une fine couche de glace qui pouvait rompre à tout instant. Quand j’ai demandé à propos de la Géorgie, il m’a montré un champ avec des puits naturels de lave en fusion. La croute terrestre semblait si fragile que là encore je pouvais passer à travers à tout instant plongeant dans la lave brûlante, si je ne prêtais pas attention où je mettais les pieds. Ensuite je suis arrivée à Sarasota, et quand j’ai prié au sujet de cet endroit, j’ai vu un endroit entouré d’incroyables cascades. Des pierres jonchaient le sol et traçaient un accès sous chacune de ces cascades, où je pouvais me rendre.
Il nous sembla que Sarasota était à mi chemin vers le ciel. Le couple à l’origine de cette demande, Phyllis et Carl, nous ont accueillis comme des rois, nous ont emmenés diner sur les quais, ont loué un bateau pour la demie journée afin de faire visiter le long de la baie. Eux aussi avaient été pasteurs et directeurs d’un centre de désintoxication, mais avaient craqué quand leurs ressources y compris leurs économies ont entièrement fondus. Je n’avais jamais dans ma vie, crée de liens si forts aussi vite avec des gens. C’était une famille, j’étais à la maison.
Avant que la semaine de découverte ne s’achève, le groupe « Jeunesse pour Christ » a consenti à me louer leur bâtiment pour 25$ par semaine, le laissant à ma disposition les mercredis et dimanches pour tenir mes réunions. Je suis allée voir un agent immobilier pour connaître le prix de la location d’un appartement en bord de mer. Elle m’a répondu que le prix de base était 500$ par semaine. Je me suis levée, l’ai remerciée et ait tourné les talons me disant que j’étais tombée au mauvais endroit. Alors que je passai la porte, elle m’a dit « attendez une minute, qui êtes-vous et que recherchez-vous ? »
« Je viens d’arriver à Sarasota dans le projet de monter une église, et je cherche un appartement en bord de mer pour 500$ par mois pour les trois prochains mois, en attendant de trouver un logement permanent. » dis-je, sans m’attendre à ce qu’elle m’aide.
Elle s’est levée, a fait le tour de son bureau et m’a tendu la main pour me saluer. Je suis une femme de pasteur. Bienvenue à Sarasota. Donnez-moi un numéro de telephone où je puisse vous joindre, et je vais vous trouver un endroit extraordinaire.” Nous avons commencé une belle amitié, et en 24h j’avais un appartement sur mer pour les trois mois qui suivirent. Je sentis que le Seigneur répondait puissamment à mes demandes comme s’Il voulait vraiment que nous vivions à Sarasota. Et c’est de cette façon que j’ai commencé une église.
La seule ombre au tableau était ce rendez-vous que j’ai eu avec le directeur régional de Jim et Kathy. John était présent. Quand Bob s’est montré avec 45 minutes de retard, il a aboyé sa première question. « Qu’est ce qui ne tourne pas rond chez vous John, pourquoi ce n’est pas vous le pasteur ? » A partir de ce moment l’entrevue s’est envenimée, et Bob a fini par dire plus tard à Phyllis and Carl que nous ne convenions pas pour remplir cette fonction.
De retour en Californie, Jim a appelé et dit, “ J’ai bien l’impression que ça ne marche pas, les gens de veulent plus de vous à bas.”
Je lui ai demandé d’où est-ce qu’il tenait cette information, et il m’a répondu de Bob. Je lui ai demandé s’il voulait bien appelle directement Phyllis et Carl pour leur demander en personne, parce que je sentais que Bob avait un problème avec les femmes. Jim l’a rappelé et a confirmé que Carl et Phyllis voulait tout à fait de moi et m’a demandé si je voulais bien continuer.
Entre ces deux coups de fil, j’ai senti monter une puissante détermination qui disait : Ce boulot est à moi ! Je reste ! » Cela m’a surprise. Je ne savais pas que c’était au fond de moi. La dernière fois que j’ai été si résolue est quand j’ai juré, aux côtés de David, que les révélations sur son père ne le blesseraient plus jamais. Dans le second coup de fil de Jim, je lui ai dit a quel point le fait d’être mis au défi de cette façon pousse à réévaluer ses priorités. Il était d’accord et m’a dit que si j’avais encore un problème avec Bob, je pouvais venir lui en parler, mais que pour le moment il laisserait le problème s’éteindre.
Dan était intrigué par tous ces coups de fil et par mes déclarations, et voulait savoir de quoi il en retournait. Quand je lui expliquai la chose avec Bob, Dan dit qu’il m’accompagnerait à la prochaine réunion régionale, et prendrait ma défense si Bob cherchait à me persécuter. A cause de cet incident j’ai commencé à me méfier imaginant la prochaine attaque à laquelle j’aurais peut-être à faire face, que ce soit de la part d’autres pasteurs, ou des gens en général, à propos du fait que j’étais une femme qui tentait de démarrer une nouvelle église. Pourtant au fond, je savais que c’était la seule chose à faire. Alors j’e poursuivis ce que je faisais, et en réalité je n’ai plus jamais eu à faire face à ces chose que je redoutais, y compris de la part de Bob. J’étais ravie de me remettre au travail pour le Seigneur !
Je me suis rapidement faite des amis. L’association des pasteurs de Sorosota m’a conviée à rejoindre ses rangs comme membre d’abord et plus tard, à faire partie de conseil d’administration. J’étais la première femme à occuper un siège, et ils ont immédiatement mis mes supposées compétences féminines à contribution, ils m’ont désigné comme secrétaire.

Publié le

31-LES BONS VIEUX ETATS-UNIS D’AMERIQUE

Le Seigneur nous a demandé de retourné en Californie où nous connaissions du monde. Alors en mai, à temps pour la remise de diplôme de l’école biblique de JJ, nous avons emballé nos affaires de France et nous sommes rentés en Californie. Nous voulions établir une base dans le pays des mines d’or, c’était notre rêve. Mais après quelques jours frustrants sans trouver de location, John a dit « Tu vois ? Je t’avais dit que nous ne devions pas rentrer. Si le Seigneur nous voulait ici, nous trouverions de quoi nous loger.»
Le jour suivant j’ai fait un tour en voiture, juste Jésus et moi. Il m’a dit où aller, jusqu’à une localité dont je ne connaissais même pas l’existence, une petite bourgade appelée Cool. Je me suis arrêtée dans une agence immobilière, et comme j’essaie toujours d’avoir le «pouls spirituel » d’une personne, je découvris que j’étais devant une chrétienne née de nouveau. Elle me dit que ce serait un plaisir pour elle de me trouver un endroit où loger.
Elle m’a appelé le matin suivant en me disant que le Seigneur l’avait réveillée pendant la nuit, lui indiquant exactement dans quelle maison nous devions aller. Le constructeur n’étant pas parvenu à vendre, elle l’a appelé pour le convaincre que sa meilleure option était de la louer. Alors, nous avons déménagé dans une maison dans les arbres, ingénieusement pendue à une falaise, avec une plateforme suspendue de chaque côté, le nez dans les arbres, au pied des sommets enneigés du massif des Sierras.
Ensuite nous sommes retournés en Oklahoma pour la remise de diplôme, et prendre nos meubles restés gardiennage, récupérer Jo et le bébé, et retourner en Californie. Certains événements en Oklahoma ont saisi mon cœur d’effroi. Le meilleur ami de JJ était visiblement un homosexuel. Devais-je m’alarmer ou pas ?
« JJ », le pris-je à part. « Tu réalises que ton ami est gay n’est-ce pas ? »
« Impossible ! » Répondit-il avec passion.
“C’est pourtant évident. Je me demande comment cela peut t’échapper. Regarde-le, sa façon de bouger. Regarde qui il observe. Il regarde chaque homme comme une côte de bœuf appétissante», insistai-je.
« Je ne le croirai pas tant qu’il ne me l’avouera pas. » Répondit-il. « Nous avons partagé trop de choses pour qu’il ne me confie pas une telle chose. »
“JJ”, demandai-je en retenant mon soufflé, “tu n’es pas gay n’est-ce pas?”
« Mère ! Cela n’est même pas digne d’une réponse. » JJ claqua la porte derrière lui. A chaque fois que je tente d’aborder le sujet il me dit de ne rien dire.
Jo n’a pas souhaité revenir en Californie avec nous. Elle avait préféré se retourner contre moi et me rendre responsable de tous ses malheurs. Je savais ce que Dieu m’avait dit dans mon cœur, qu’elle vivrait avec nous, mais que je serais impuissante. Elle vivait une relation abusive et je voulais qu’elle s’en aille. Je voulais surtout que ma petite fille parte de là. JJ partait pour le Colorado afin de suivre ses études de droit, et il n’y aurait plus eu personne pour l’aider.
Le jour de notre départ, elle nous a conduit à l’aéroport et nous a déposés sur le bord du trottoir, disant qu’elle ne voulait plus jamais nous revoir. A cette époque John ne s’adressait plus du tout à elle si se n’était pour se moquer. Elle est vite repartie avec mon petit fils qui me faisait signe depuis son siège bébé, et je suis restée là, plantée, abattue par le chagrin. J’ai pleuré tout au long du trajet en Californie. D’une certaine façon j’avais l’impression que tout était ma faute et il me sembla ne pas comprendre la dynamique de notre famille. Qu’est-ce que j’avais fait de mal ? Qu’est-ce qui n’allait pas chez moi ? J’avais le sentiment être à l’origine de tous les problèmes, mais je ne comprenais pas comment! John resta assis, brulant de mépris envers mes émotions.
De retour en Californie, je déballai le mobilier, un lit dans la future chambre de Jo et aussi un dans la chambre de ma petite fille, comme si elles allaient arriver d’un jour à l’autre alors que Jo m’avait bien dit que cela n’arriverait pas. J’ai mis un tapis parisien sous la table à manger pour que ma petite fille ne le salisse pas en jouant, par la foi. Quatre mois plus tard, Jo m’a appelé pour me dire qu’elle n’en pouvait plus de cette situation abusive, et m’a demandé de venir la chercher. J’ai pris le premier avion, et nous avons traversé le pays et enfin la ramener avec son bébé chez elles, dans leur nouvelle chambre.
Au même moment j’annonçai à John que je ne pouvais plus vivre avec lui de cette façon et que nous devions faire quelque chose. Un changement ! Même si je n’y croyais plus vraiment après nos multiples tentatives, peut-être devait-il bénéficier d’une aide professionnelle. Il était d’accord. Il ne se supportait plus. Nous avons consulté un thérapeute chrétien qui nous a évalué l’un et l’autre. Il en a conclu que John avait une ambivalence chimique, lui a prescrit un traitement et une psychothérapie à raison de deux séances par semaine.
J’ai accompagné John les premières semaines, à contre cœur. Pourquoi devais-je m’imposer tout ceci. J’essayais de laisser parler John pendant que je me tordais sur ma chaise, l’écoutant se dépeindre comme un chérubin. Mais même si le thérapeute lui dit, « John, il me semble que vous êtes misogyne. »
« Je ne peux accepter ça, » s’exclama-t-il. « L’autre conseiller m’a aussi dit cela, mais les seules personnes dont je sois entouré sont des femmes. Toutes les amies de Marty sont des femmes. »
« Et bien », dit le thérapeute « Il lui serait difficile d’avoir d’autres amis, à moins qu’ils ne soient homosexuels, mais alors ils seraient misogynes également. Elle ne peut se lier d’amitié avec des hommes hétérosexuels parce qu’ ils seraient mal à l’aise auprès d’un homosexuel. »
John répliqua « je ne crois pas que qui que ce soit ait découvert mon homosexualité. Aucun des couples mariés que nous fréquentons ne le sait.»
“Ils ne le savent peut-être pas consciemment, mais ils le savent. Il n’y a pas de vrai secret dans l’univers. » J’écoutai attentivement tout cela alors que le thérapeute poursuivait. La pensée tordue qui avait longtemps germé dans mon crane de piaf était que nos amis s’étaient éloignés parce qu’ils m’avaient trouvés des défauts. Je revins à la discussion au moment où le thérapeute dit « probablement, beaucoup des problèmes de Jo viennent de votre haine des femmes. »
Il nous a donné deux livres à lire : un au sujet de la misogynie, et un sur la co-dépendance, et beaucoup de ce que j’ai lu s’appliquait à moi. Le thérapeute a analysé John comme étant soit un pervers narcissique, soit une personnalité compulsive/répressive. Il a finit par penché pour la deuxième option parce que John se souciait de certaines personnes, alors que les pervers narcissiques ne soucient de personne d’autre qu’eux-mêmes.
Un jour le thérapeute m’a appelé pour me dire que John ne pourrait plus être dans le ministère chrétien, et que cela avait été une grave erreur de le mettre là. J’étais déconcertée et je me demandai comment j’avais pu faire cela. C’était lui qui avait insisté pour devenir Pasteur. Mais je n’approfondis pas le sujet, je me sentais simplement comme quelqu’un qui avait reçu un coup mortel. J’étais agitée et ma respiration se transforma en souffle court, « Plus de ministère? »
« Plus de ministère » confirma-t-il. « Laissez-moi vous montrer les tests écrits que vous avez remplis. » Il a sorti une grande feuille de graphiques, et m’a montré nos lignes respectives, où je pouvais voir que la mienne rejoignait la moyenne. Je suis aussi normale que n’importe qui. Celle de John en revanche partait dans tous les sens passant du haut vers le bas et outrepassant toutes les autres lignes.
« Comme vous le voyez » dit-il, « John a une personnalité d’ermite. Il ne peut pas supporter la présence de quelqu’un trop longtemps. Il peut vous supporter vous Marty, si vous ne parlez pas trop. Si vous parlez trop, il vous titillera verbalement pour vous amener à vous taire. Il m’a confié qu’il fait la même chose en public. Il serait mieux que vous le laissiez à la maison. Faites votre vie sans lui.
Le thérapeute me montra d’autres résultats, «Vous voyez là, et bien John a de sérieuses tendances suicidaires. Il est comme un baril de poudre prêt à exploser. Je ne saurais insister davantage, tout ceci est très sérieux. Arrêtez de le trainer avec vous dans votre sphère sociale. Arrêtez d’insister pour qu’il soit pasteur. Laissez-le être l’ermite qu’il est au fond. »
L’idée de laisser John à la maison ne m’inquiétait pas. Mais dans mon esprit, je ne pouvais pas exercer le ministère sans lui. Une femme y parvient rarement toute seule. J’ai prié toute la nuit ce soir là. “Dieu,” l’appelais-je. “ Est-ce tout cela veut dire que je ne peux plus te servir dans le ministère? En agonisant je me suis tournée et retournée sur le sol du salon, gémissant de consternation. Finalement, à quatre heures du matin, le Seigneur m’a arrêté. Soudainement j’ai eu comme un flash, Il m’a donné une nouvelle vision d’un bâtiment en forme de croix qui abritait tous les médias, comme je l’avais vu dès le début.
« Tu Me serviras Marty. » dit-Il. Cette fois-ci je reconnus la croix comme étant la croix huguenote, symbolisant les chrétiens français persécutés sous la réforme.
Alors que je ne voyais pas très bien comment, je savais que Dieu était à l’œuvre. J’attendis de voir tout ce qu’Il préparait en coulisses. Je le voyais à l’œuvre dans ma fille. Jo s’étais consacrée de nouveau au Seigneur dans une petite église que nous fréquentions à Roseville. Elle a obtenu un travail à Aubrun, et notre bébé a eu une place dans une garderie. Très honnêtement je ne voyais rien pour moi. Alors ne sachant pas quoi faire ensuite, je ne fis rien.

Publié le

Mis à nu N°65

Romains 10:17 « Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. »

N’oubliez jamais cette instruction centrale. Sans la Parole de Dieu vous n’aurez pas la foi. Immergez-vous dans la Parole de Dieu. Lisez-la, que vous la compreniez ou non. Laissez-la tomber dans votre for intérieur, laissez-la le construire jusqu’à ce qu’il soit plus grand que votre âme et que votre corps. La Parole de Dieu est la seule chose qui nourrisse votre esprit, et c’est la partie de vous à laquelle Dieu parlera. Il est Esprit, et Il parle avec votre esprit. Comme ce qu’Il vous dit directement est toujours en accord avec Sa Parole écrite, alors il est impératif que vous connaissiez la Parole de Dieu. Quand vous lisez la Parole de Dieu, votre esprit est à l’écoute !
Je souhaiterais que tous les chrétiens suivent une Ecole Biblique pour y apprendre la Bible et les sujets qui y sont traités. Quel monde merveilleux cela serait-il si tout le monde vivait en accord avec la Parole de Dieu.

Publié le

Mis à nu N°64

Romains 10:6-8 Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi: Ne dis pas en ton cœur: Qui montera au ciel? c’est en faire descendre Christ; 7 ou: Qui descendra dans l’abîme? c’est faire remonter Christ d’entre les morts. 8 Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons.

La foi est toujours en accord avec Dieu. Il regarde notre foi et se réjouit. Mais notez les instructions ici. Une fois que vous avez établi votre foi par le désir de votre cœur, et la vérité de la Parole de Dieu, vous n’avez pas besoin de vous casser la tête à savoir comment cette foi va marcher. Vos stratégies ne fonctionneront pas. Vous demander comment tout cela va marcher ne vous conduira nul part. La seule chose que vous puissiez faire c’est de parler avec foi. Coopérez avec Dieu en Le laissant faire porter du fruit à votre foi, pendant que vous proclamez ce qu’Il est en train de faire pour vous (même si vous ne parvenez pas à le voir !) Une fois que vous avez la chose désirée, vous n’avez plus besoin de mettre votre foi à l’œuvre. Alors cela serait un peu idiot de poursuivre à proclamer quelque chose qui est déjà devenu réalité.

Publié le

Mis à nu N°63

Romains 5:1 Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, 2 à qui nous devons d’avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu.

Grâce à notre foi, nous avons la paix, la paix avec le Tout Puissant, Créateur de la terre et des cieux, et Son fils, notre Seigneur, Jésus Christ. Pouvez-vous imaginez comme la vie serait lugubre sans paix ? Vous souvenez-vous ? Avoir toujours des soupçons, la peur de voir un éclair nous tomber dessus pour nous punir, et cela nous change. Au contraire, nous restons dans la grâce. Notre foi nous donne un accès direct à la grâce qui nous a été octroyée, et là nous nous réjouissons dans notre espoir alors que la gloire de Dieu remplit notre foi. La gloire de Dieu est sa Présence qui répand Sa bénédiction, Son onction, Sa promesse gardant ainsi toujours notre espoir vivant pour une vie favorable. Merci Seigneur

Publié le

Mise à nu N°62

Romains 4:17 (4:16) selon qu’il est écrit: (4:17) Je t’ai établi père d’un grand nombre de nations. Il est notre père devant celui auquel il a cru, Dieu, qui donne la vie aux morts, et qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient.
18 Espérant contre toute espérance, il crut, en sorte qu’il devint père d’un grand nombre de nations, selon ce qui lui avait été dit: Telle sera ta postérité.
19 Et, sans faiblir dans la foi, il ne considéra point que son corps était déjà usé, puisqu’il avait près de cent ans, et que Sara n’était plus en état d’avoir des enfants.
20 Il ne douta point, par incrédulité, au sujet de la promesse de Dieu; mais il fut fortifié par la foi, donnant gloire à Dieu,
21 et ayant la pleine conviction que ce qu’il promet il peut aussi l’accomplir.
Je trouve l’histoire d’Abraham incroyablement pleine d’optimisme! Des années après que Sarah soit en âge de porter un enfant il a cru que dans sa vieillesse, elle mettrait un bébé au monde. Aujourd’hui les femmes ont rarement des enfants au-delà de 40 ans. Considérant que les femmes vivent en moyenne 80 ans, on peut dire qu’elles conçoivent dans la première moitié de leur vie. Sarah a vécu jusqu’à 120 ans. La moitié de sa vie aurait été dans la soixantaine, et pourtant elle a mis Isaac au monde à 90 ans. Ils croyaient en Dieu. Ils étaient heureux d’y croire. Ils ont probablement dansé dans leur tente et se sont réjouis.
C’est ainsi que fonctionne la foi. Elle parle des événements à venir comme s’ils étaient déjà là. Bienqu’ils ne puissent pas voir, puisque la chose n’existe pas encore, ils en parlent comme si elle existait déjà, et ils peuvent facilement l’imaginer. La foi est un procédé exactement contraire au raisonnement logique, et elle ne vacille pas. La foi ne fait pas de va et vient entre croire et ne plus croire. Si Dieu l’a dit, Il est pleinement capable de faire de qu’Il a dit, et Lui-même danse avec vous quand vous avez confiance en Lui pour accomplir des rêves impossibles.

Publié le

Mis à nu N°61

Luc 18:8 Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?
Romains 4:14, 16 Car, si les héritiers le sont par la loi, la foi est vaine, et la promesse est anéantie, 16 C’est pourquoi les héritiers le sont par la foi, pour que ce soit par grâce, afin que la promesse soit assurée à toute la postérité, non seulement à celle qui est sous la loi, mais aussi à celle qui a la foi d’Abraham, notre père à tous,
Qui sont les héritiers de ce monde? Seraient-ils les « bons élèves » ? Ceux qui observent toutes les règles et rituels ? Et bien alors, je n’en fais pas partie ! Je veux vraiment faire les choses bien, mais je m’aperçois vite que c’est impossible. Quand il faudrait tourner à gauche, moi je tourne à droite. Je veux dire quelque chose mais ma bouche choisit de dire autre chose.
Dieu merci, rien de tout cela ne me qualifie pour être héritière de Dieu, co-héritière avec Christ. Par ma foi, je suis une enfant de Dieu. Tous ceux qui sont nés de nouveau sont des enfants d’Abraham. Par notre foi, non pas par notre comportement. Abraham a créé un précédent et tout ce dont il va hériter, nous allons en hériter aussi. Il a cru en Dieu quand Il a promis des choses impossibles, et elles sont devenues réalité. Notre foi fonctionne de la même façon. Quand nous croyons en Dieu, même quand tout ce que nous voyons sont des impossibilités, nous recevons.